Coordination LPO Pays de Loire et MNE

Conservation des espèces et des espaces

RNR Coteaux du Pont-Barré : sentier d'interprétation

RNR Pont Barré

 

 

Sur les pas du Chanoine Corillion



La Réserve Naturelle Régionale (RNR) des Coteaux du Pont Barré est, comme son nom l’indique, composée de coteaux escarpés et de pelouses sèches. Depuis le XVIIIe siècle, des générations de botanistes n'ont eu cesse de souligner le caractère remarquable de la flore qui s’y développe, à la faveur d’un microclimat. En arpentant ses sentiers vous y découvrirez une nature sauvage, d'une beauté insoupçonnée et l'histoire naturelle d'un site emblématique de l'Anjou.

 

 

Gagée de Bohême

 

Gagée de Bohême - Gagea bohemica  /  Illustration Denis Clavreul


 

picto un peu histoireUn peu d’histoire !


La réserve naturelle régionale (RNR) des coteaux du Pont Barré est, comme son nom l’indique, surtout composée de coteaux et de pelouses sèches. Depuis 1785, des générations de botanistes s’y sont succédées, du fait de la flore exceptionnelle qui s’y développe, à la faveur d’un microclimat.


Gagée de BohêmeAu XXe siècle, c’est le chanoine Robert Corillion, éminent botaniste angevin, qui décrit l’intérêt du site aux niveaux botanique et phytogéographique. Tombant éperdument amoureux de ces pelouses, il décida d’acheter quelques parcelles afin de protéger ces milieux rares et précieux.
En 1984, ses travaux et le projet d’extension d’une carrière l’ont poussé à demander l’inscription d’une partie des coteaux en réserve naturelle volontaire.

 

Illustration Olivier Loir.


A partir des années 2000, un viticulteur et la LPO s’unissent pour sceller le renouveau de ces pelouses et prolonger le travail du chanoine.
En 2009, une RNR est créée sur le site avec le troisième propriétaire concerné, l’Académie des sciences, belles-lettres et arts d’Angers.

 

Coteaux Beaulieu sur Layon

Les coteaux de Beaulieu-sur-Layon

 


 

picto pelouses sèchesLes pelouses sèches ?

 

Les pelouses sèches sont des espaces naturels ouverts constitués d’une végétation relativement rase. Ces pelouses apparaissent sur des sols peu profonds, pauvres, rocheux, qui retiennent faiblement l’eau.
Sous nos latitudes, les espaces de pelouses sont apparus il y a environ 10 000 ans, à la faveur du développement de l’élevage qui a progressivement favorisé les milieux herbacés au détriment des forêts.

pelouse a bruyère

 

 Pelouse à Bruyère cendrée.

 


Ces milieux, du fait de leur géologie, de leur ensoleillement, et d’une faible pluviométrie présentent une forte aridité.
Ouverts et oligotrophes (pauvres en nutriments), ils attirent une biodiversité très spécifique, rare et aujourd’hui menacée.
La principale menace pour ces milieux est la disparition des pratiques agropastorales.

 

colonisation des arbustesIllustration Olivier Loir.


 

picto gestion ecopastorale

 

La gestion écopastorale des pelouses sèches

 

 

Depuis 150 ans, l’élevage d’ovins et de caprins régresse de manière inquiétante partout en France, entraînant une modification lente et radicale des paysages qui se boisent. Afin de permettre la sauvegarde des pelouses sèches, la LPO Anjou entreprend depuis 15 ans un travail de renouveau des pratiques pastorales.

 

pelouse a faux sesame

 

Pelouse à Faux sésame

 

 

moutons

chantier de fauche

 

Sont donc présentes sur le site 30 brebis Landes de Bretagne, une race locale menacée puisqu’il n’y a quasiment plus de troupeaux en France (environ 2 500 bêtes).

 

En parallèle, des partenariats existent entre la LPO Anjou et des organismes de formation, des scouts ou des bénévoles. Le but est de mener, entre autres, des chantiers de débroussaillage complémentaires. Ce procédé a le double avantage de permettre à ces jeunes d’être formés et d’agir sur le terrain.


 

picto petit patrimoine bati

 

Le petit patrimoine bâti, un refuge de biodiversité

 

 

Les volontaires ont également pu participer à d’autres types de chantiers comme la restauration du petit patrimoine bâti. Murets de pierres sèches, loges de vignes, autant d’éléments faisant partie du patrimoine culturel local, qui ont l’avantage d’être très utiles pour la faune et la flore.

 

 

La flore des murets

 

flore des murets 

 

Photo de gauche : Polypode / Photo de droite : Nombril de Vénus

 

 

La faune des murets

 

 faune des murets

 

Photo de gauche : Lézard des murailles / Photo de droite : Troglodyte mignon

 

 

Chez vous, favorisez l’accueil de la faune et de la flore en conservant/construisant un muret de pierres sèches, ou même en installant des gîtes à chauves-souris ou des nichoirs pour oiseaux !


 

picto flore des pelousesLa flore des pelouses

 

Les coteaux secs sont très intéressants en botanique.
En effet, ces milieux très pauvres en nutriments attirent une flore particulière. Ce sont 454 végétaux qui ont été recensés dont 11 sont protégés au niveau national ou régional !
Ainsi, durant la deuxième moitié de l’hiver, vous aurez peut-être l’occasion de croiser la Gagée de Bohême Gagea bohemica, petite plante bulbeuse de couleur jaune, actuellement en danger critique de disparition en France !

 

gagee de boheme

 


La Phalangère à fleurs de lis Anthericum liliago, quant à elle, fleurit de mai à juillet, ce qui la rend nettement plus facile à voir que la Gagée (sans compter la différence de taille : 20 à 60 cm de hauteur pour la phalangère contre 10 cm pour les plus grandes gagées).

 

PhalangereCette belle plante à l’inflorescence blanc éclatant, est inféodée aux pelouses. Elle est en danger critique de disparition en Pays de la Loire, la réserve détenant l’unique station de la région.

 

 


 

picto faune des pelousesLa faune des pelouses

 

La faune des pelouses est surtout composée d’invertébrés. En effet, beaucoup d’insectes et d’arachnides sont inféodés à ces pelouses sèches, milieux très peu répandus en Anjou.
Ainsi, la réserve accueille de nombreuses espèces d’abeilles et de guêpes (153 au total).

 

guepe de feu


Parmi elles, la magnifique Guêpe de feu Chrysis chrysostigma qui a la capacité de parasiter les autres espèces de guêpes !
Vous cherchez une autre petite bête dont la beauté laisse rêveur, mais vous êtes arachnophobe ?

 

érèse coccinelle


Pas d’inquiétude, l’érèse coccinelle Eresus kollari saura satisfaire votre rétine et soigner votre phobie par ses coloris rouges et noirs relevés par quelques taches blanches sur les pattes !
Bien évidemment de nombreuses autres espèces sont présentes puisqu’on compte aujourd’hui 1202 espèces d’invertébrés sur la réserve !

 


 

picto wantedWanted !

 

Vous l’aurez compris, beaucoup d’espèces citées précédemment sont, à l’échelle régionale, rares et pour certaines, leur présence en Pays de la Loire se limite seulement à quelques pieds ou individus présents dans la réserve.
Vous aussi participez ! Aidez nous à mieux connaître la nature et la répartition des espèces en partageant vos observations faunistiques sur le site de la LPO Anjou (www.faune-anjou.org) ou sur le site du Conservatoire botanique national de Brest (www.cbnbrest.fr/eCalluna/) concernant la flore. De nombreuses enquêtes sont en cours et chaque donnée améliore notre connaissance notamment sur :

  • La Gagée de Bohême
  • La Tulipe sylvestre
  • Les reptiles et amphibiens
  • Les colonies de chauves-souris

Lezard vert

 

Lézard vert - Lacerta bilineata  /  Illustration Denis Clavreul

 

 

De plus, vos observations dans la France entière peuvent être répertoriées sur les sites de la LPO dans la plupart des régions, alors n’hésitez pas et venez nous aider !