Coordination LPO Pays de Loire et MNE

Conservation des espèces et des espaces

Préserver les chauves-souris dans les espaces agricoles

Depuis de nombreuses années, plusieurs strucures naturalistes travaillent pour la protection des sites majeurs à chauves-souris dans la région Pays de la Loire. Ce travail de longue haleine est un axe majeur du Plan national d'actions Chauves-souris qui existe depuis 1999. Ainsi, de nombreuses cavités souterraines et gîtes épigés sont actuellement protégés permettant d'assurer une certaine tranquillité à de nombreuses chauves-souris.

 

Même si ce travail se poursuit, ces structures s'attachent aujourd'hui à développer des actions dans les espaces agricoles. En effet, les chauves-souris utilisent des gîtes pour le repos, l'hibernation et la mise-bas mais elles utilisent également les milieux environnant pour se nourrir et se déplacer. Il devient primordial d'assurer des milieux de qualité afin que la conservation de ces espèces soit assurée sur l'ensemble de leur cycle de vie.

 

Ainsi, la Coordination régionale LPO Pays de la Loire, en collaboration avec d'autres structures (CPIE vallées de la Sarthe et du Loir et Groupe mammalogique breton notamment), a lancé un programme d'actions orienté sur la conservation des chauves-souris dans les espaces agricoles. Deux axes majeurs sont déclinés dans les départements : l'identification des zones à enjeux pour les chauves-souris et la mise en place d'actions sur ces territoires.

 

Chauves-souris et agriculture (aquarelle : Olivier Loir)

 

Identification des zones à enjeux

A partir des nombreuses données sur les chauves-souris et des données disponibles sur les milieux et l'occupation du sol, l'objectif est d'identifier les territoires potentiels de chasse autour, dans un premier temps, des colonies de mise-bas de Grand Rhinolophe. En effet, la région a une forte responsabilité pour cette espèce qui est typique de nos paysages, chassant dans le bocage ainsi que dans les boisements et dont les gîtes de mise-bas se trouvent souvent dans les combles de bâtiments. Mener des actions pour cette espèce est favorable à d'autres espèces à enjeux telles que le Petit Rhinolophe, le Rhinolophe euryale et le Murin à oreilles échancrées.

Ce travail d'analyse et de modélisation cartographique va être mené en 2018 grâce à la collaboration du chercheur David Pinaud du CNRS de Chizé (Deux-Sèvres). 

 

Mise en place d'actions sur les zones à enjeux

Une fois les territoires à enjeux identifiés, l'objectif est de travailler avec les agriculteurs qui y sont présents. Des diagnostics écologiques sont réalisés afin de faire des préconisations en terme de gestion : aménagement de bâti, conseils sur les pratiques, plantation de haies, pose de gîtes et nichoirs, etc. La volonté de créer un réseau entre nos structures, nos bénévoles et ces paysans est importante afin de donner du sens social à ces actions au niveau local. Ce réseau constitura un formidable vecteur d'échanges, d'expérimentaitons, de sensibilisation, etc.